| |
|
>
Le Palmarès du Festival
> Lire les critiques de nos
envoyés spéciaux....
Malgré
la constance du beau temps (de bon aloi), on a beaucoup dit
que le Festival, cette année, n’était pas des
plus réussis. Mal commencé : le doublé
de Besson, Fanfan plus Les Côtelettes,
a fait chou blanc.
Certains se
seront consolés en versant une larme à la soirée
d’hommage Pialat/Toscan, en compagnie de tout le gratin :
véritable entreprise de sabotage orchestrée
par Gilles Jacob à travers un documentaire en " l’honneur "
des deux disparus. Comme Nicolas Saada l’a très justement
remarqué, on voit Toscan qui grimpe les marches mais
qui n’arrive jamais au sommet !A méditer. Vint
ensuite un discours lénifiant, puis l’exhibition du
petit Antoine Pialat, et enfin la projection de Sous le
soleil de Satan (en phase de réhabilitation).
Pendant ce temps, les fans éplorées d’Ewan
Mc Gregor - en kilt - courraient voir le libidineux Young
adam, film écossais, à la sélection
" Un certain regard ".
Pourtant ça
swingue méchamment - à ce qu’on dit - au bord
de la Pool de François Ozon. Le cinéaste
se livre ici à un exercice de style luxueux et agaçant,
quoique bien ficelé. Le temps d’un flottement suffira
à la divine Sagnier (alias swimming poupoule) pour
agiter sa fraîche cuisse au nez et à la barbe
de Charlotte Rampling qui ne s’ennuie pas, du reste, avec
Marcel, le jardinier. On reste dubitatif devant la fin moralisante
(et feuilletonesque), plutôt déceptive. De quoi
faire jaser : Julie est-elle, oui ou non, la sécrétion
mentale de Sarah ?
Ceux qui auraient
échoué au fin fond de la lugubre prison de Carandiru,
(et qui seraient rebutés par la jovialité des
détenus - il y a de quoi - feraient mieux de
retourner voir la Cité de Dieu, qui offre au
moins quelques virtuosités.
Abandonnons
la langueur médusée de Bright Future,
du chouchou Kiyoshi Kurosawa (qui a connu des temps meilleurs)
pour Easy Rider, Raging Bulls (" How the
sex, drugs & rock’n roll generation saved Hollywood ").
Ce documentaire de Kenneth Bowser est tiré d’un roman
de Peter Biskind (fameux depuis son Nouvel Hollywood).
Colportant moult ragots, mélangeant interviews, archives,
extraits de films et images inédites de Marty, Francis
F, George, Steven, Brian, et les autres, il fait l’effet d‘un
petit remontant.
En ce qui concerne
la " Quinzaine des Réalisateurs " :
on y préfère au film israélien trop illustratif
de Ra’anan Alexandrowicz James’ journey to Jerusalem,
le foutoir de Guiraudie (Pas de repos pour les braves,
très applaudi). Il s’agit d’une fable onirique et loufoque,
qui fait le pari d’un charme désuet sous couvert d’apparente
désinvolture. Selon Godard, Guiraudie et Amalric incarnent
l’avenir du cinéma français. S’il fallait les
départager, ce serait ce dernier qui l’emporterait :
bravo pour sa Chose publique très piquante,
et pour son rôle, réjouissant dans Un
homme, un vrai des frères Larrieux (absent du festival
pour d’obscures raisons).
Dans une tout
autre veine, on peut avoir le sentiment que l’horreur du 11
Septembre a marqué durablement le cinéma, faisant
des " catastrophes " et des dérèglements
à la fois un imaginaire collectif et une réalité
envisageable. C’est également sensible dans le nouveau
film de Thomas Vinterberg, It’s all about love, sortie
prévue en Octobre 2003. Ciels plombés et nuits
sans fin, dans l’attente d’une apocalypse qui ne viendra jamais,
Haneke nous plonge dans Le temps du loups, présenté
Hors Compétition. Utopie cruelle, cette expérience
ingrate, voire pénible, provoqua - à tort selon
nous - l’exaspération du public cannois soupirant,
puis huant. Et Charles Tesson de conclure à l’issue
de la projection : " ça passera très
mal à la télé ". Nous voilà
prévenus.
On a pu constater,
non sans un certain amusement, les points communs entre le
glacial (et glaçant) Tiresia de Bertrand Bonello
et Irréversible de Gaspar Noé, qui fit
scandale l’an passé : très à la
mode, Beethoven accompagne l’investigation poussive de la
sexualité, qui sera jugée par certains déplaisante
(car esthétisante). D’autres quittent la salle, écœurés
par l’automutilation oedipienne.
Submergés
par le nombre de films en projection chaque jour, on ne peut
qu’avoir le sentiment d’avoir peut-être raté
quelque chose. Heureusement, l’éblouissant Elephant,
réconforte - vu deux fois, dont en loge présidentielle
en compagnie de M. le Président Chéreau (and
boyfriend).
On est un peu
déçu que l’Elephant (palmé, désormais)
de Gus Van Sant soit seul à relever le niveau d’un
festival, qui, du peu que j’ai pu en juger, m’a semblé
lisse, et pacifiant.
>
Le Palmarès du Festival
> Lire les critiques de nos
envoyés spéciaux....
|
|